Chenal et les graphies phonétiques

Chenal analyse le pour et le contre de la graphie phonétique proposée par le Centre d’études francoprovençales “René Willien” de St-Nicolas.

Même si Chenal n’arrive pas à éviter un ton polémique, il arrive à individuer le problème de fond existant parmi ceux qui s’occupent du francoprovençal et qui donnent des conseils sur comment l’écrire: l’inexistance d’un objectif commun. Il y a ceux qui l’étudient et nécessitent une représentation de la variation avant que cette langue ne disparessent totalement, et il y a ceux qui considèrent la langue comme vivante et se posent la question sa valorisation en projection vers le futur. “Les objectifs n’étant pas les mêmes, le dialogue finit par devenir un dialogue de sourds.” CHENAL p.47.

En ce qui concerne le fait de penser s’il n’y a que des variétés de francoprovençal ou de “divers faciès” d’un même francoprovençal (appelé patois par Chenal), il faut probablement tenir compte du point de vue adopté pour affronter la question. Évidemment là aussi ça donne des résultats différents et peut-être difficiles à concilier.

Sûrement on peut contredire Chenal quand il affirme que les différences qui semblent distinguer les variétés de francoprovençal ne serait que d’ordre phonétique. On sait que cette variation touche aussi le vocabulaire et l’aspect morphologique et syntaxique (la grammaire donc).

Chenal voit juste au moment il souligne que le fait de se concentrer sur la différence “[…] jette dans l’obscurité ce qui les unit […]” Chenal p. 48.

En prévision de la promotion de la langue est-ce que cela ne va pas créer effectivement un problème?

Chenal associe l’unité linguistique à l’unité ethnique. C’est la peur du concept de unité ethnique francoprovençale (ou valdôtaine) qui a empêché l’étude d’un système de représentation écrite de la langue soulignant les aspects communs, plutôt que les différences?

A page 48 et 49 Chenal souligne les problèmes pratiques qui empêchent, par l’utilisation d’un système de transcription phonétique, la création d’une langue littéraire et la diffusion des idées.

Les mots écrits aocà, téìn, aia, tota-a, paè (Oyace); ho, o (St-Nicolas); hoheuhe, oee (St-Marcel) sont effectivement plus compréhensibles d’un poitn de vue de la signification quand ils sont écrits avocat, téren, ara, totara, parë (Oyace); ço (St-Nicolas); saoucesse (St-Marcel), c.-à-d. en fr. ‘avocat, terrain, maintenant, il y a très peu, pareil, cela’.

Effectivement les idées de ceux qui parlent une variante trop particulière auront des difficultés à être lues.

Effectivement, dans l’impossibilité de créer un dictionnaire ou une grammaire pour toutes les variantes le patoisant se trouve sans pouvoir consulter un dictionnaire ou une grammaire pour épanouir sa connaissance de la langue et améliorer son efficacité expressive.

Est-ce que c’est pour cette raison pratique que aucun vrai dictionnaire de francoprovençal en Vallée d’Aoste est né directement de l’initiative régionale?

Chenal se lance contre la “corruption” du patois. Le manque d’une norme (“règles écrite et logiques“), selon lui, accélère le phénomène.

D’une manière un peu contradictoire par rapport à l’idée d’une langue littéraire, Chenal déclare que le francoprovençal (valdotain) est une langue régionale et pas une langue de haute culture. “Cela ne veut pas dire que tout le monde doit écrire un mot donné de la meme façon.” Il respecte la différence entre patois de A et de O faite par Cerlogne, pour lui les graphèmes aou peut etre lu aussi ou, d’autre utiliseront eui. On peut maintenir la différence entre BL et BI (establo, estabio) et CH et S (élèichon, élèision/élèition).

Pour Chenal la plus grande audience nécessaire à diffuser le francoprovençal pourra etre assurée seulement avec l’adoption d’un système orthographique (puis grammatical et syntaxique) qui mette en évidence l’unité et non la différence.

Il met en discussion non la préparation de ceux qui étudient la langue, mais leur science en matière de revitalisation.

Andrea Rolando, 22/11/2017, Sarre

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